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FRÉDÉRIC MATHEVET

Visual artist, sound artist, composer

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Docteur es Arts (H.D.R), composer and visual artist Directeur artistique et scientifique du Groupe de Recherche L'Autre musique Artiste-chercheur associé à ACTH (art contemporain et temps de l'histoire) ENSBA de Lyon 19, chemin de la chabure 42400 Saint Chamond +(33)674518742

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Démarche

Ancre 2

Frédéric Mathevet est compositeur et plasticien. Il travaille avec des sons, des images, des objets, des textes, des partitions et des situations d’écoute. Il utilise l’écriture musicale et les pratiques électroacoustiques autant que la photographie, le dessin, la vidéo ou l’édition. Ses œuvres prennent la forme de compositions musicales, d’installations performées, de livres-partitions, de protocoles d’activation ou de dispositifs dans lesquels le regard et l’écoute se déplacent l’un vers l’autre.

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Son travail commence souvent par peu de choses : un son enregistré, une image, un objet trouvé, une trace, un geste, un lieu, une circonstance. Ces éléments ne sont pas prélevés pour être conservés tels quels. Ils sont déplacés, montés, rejoués, parfois conduits d’un régime à un autre. Une image peut devenir partition, un objet devenir instrument, un espace devenir situation sonore. Une composition peut prendre la forme d’un dessin, d’un livre ou d’une installation.

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Ces passages ne cherchent pas à faire disparaître les différences entre les choses. Ils les maintiennent visibles et en tension. Mathevet travaille dans cet écart, sur le seuil où une forme peut encore changer de fonction ou de sens, prise dans les forces tectoniques de la plasticité. Il parle à ce propos d’une poïétique de la couture. Des éléments hétérogènes sont amenés à tenir ensemble, sans être rabattus sur une unité facilement saisissable et sans que leurs raccords soient dissimulés. Les coutures deviennent des zones d’instabilité où les signes perdent momentanément leur évidence.

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La partition occupe dans ce travail une place centrale, bien au-delà de la notation musicale. Elle peut devenir dessin, protocole, carte, objet, jeu, livre ou installation. Elle permet de rejouer un moment, d’activer des relations, de dérouter une image vers le son ou un son vers l’espace. L’œuvre apparaît alors comme un précipité provisoire : quelque chose tient, tout en demeurant disponible à l’interprétation, à la reprise et à la transformation.

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Frédéric Mathevet s’intéresse aux signes lorsqu’ils cessent d’aller de soi. Ses œuvres sont des formes d’attention et de vigilance adressées aux scripts qui permettent à un collectif de se reconnaître, de se raconter et de protéger ce qu’il considère comme sien. Un objet quotidien, une image partagée, un récit, une manière de faire ou un corps assigné ne sont jamais de simples motifs. Ils prennent part à des manières de faire monde, de distribuer les places, d’établir des appartenances et de produire des exclusions.

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Faire passer ces formes d’un régime à un autre rend leurs scripts perceptibles et explicites. Les signes par lesquels un groupe se reconnaît et se défend commencent alors à vaciller. Cette vacillation ne livre pas un nouveau récit prêt à remplacer le précédent. Elle remet en chantier les conditions de la signification et, avec elles, les relations que nous entretenons avec les milieux, les vivants, les non-vivants, les autres et les images que nous construisons de nous-mêmes.

Les hétéronymes de Frédéric Mathevet participent de ce déplacement. Ils ne servent pas à dissimuler un auteur derrière des fictions, mais donnent à certaines œuvres, musiques ou écritures d’autres régimes d’apparition et d’autres formes d’adresse. Comme les partitions et les objets activés, ils modifient les conditions dans lesquelles une forme peut être reconnue et partagée.

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Ce travail relève de pratiques faibles. Ni esthétique du peu ni renoncement à agir : leur faiblesse tient à la manière dont elles exercent et partagent leur puissance dans une circonstance. Une pratique faible ne s’impose pas ; sa puissance ne repose pas sur un rapport de force avec son milieu ni avec le regard ou l’écoute auxquels elle s’adresse. Elle intervient parmi des formes, des usages et des scripts déjà au travail, les déplace et les rend de nouveau lisibles et transformables.

Les branchements fautifs produisent des connexions qui ne devraient pas fonctionner, mais qui ouvrent pourtant un passage. Les analogies insuffisantes rapprochent sans établir d’équivalence et conservent l’écart nécessaire entre les choses. Le narratif vide dispose des traces et des indices sans raconter à la place de celles et ceux qui regardent ou écoutent. Le bricolage décontracté travaille avec ce qui se trouve là, sans effacer les raccords ni faire de la maîtrise technique un spectacle. Ces figures poïétiques remettent les signes eux-mêmes sur le chantier, dans une joyeuse panique sémiotique ouverte à d’autres mondiations possibles.

Ancre 3
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